Les oeufs de Pâques

Bien avant l’avènement de l’ère chrétienne, les œufs étaient colorés, bénis, échangés et consommés dans le cadre des rituels soulignant l’arrivée du printemps. Même dans les temps les plus anciens, de nombreux festivals célébraient le retour du soleil après son long sommeil d’hiver. La victoire de la lumière sur les ténèbres était alors considérée comme un miracle chaque année renouvelé, tout comme les poules qui se remettaient à pondre. L’œuf était symbole de renaissance. À mesure que se répandit le christianisme, l’œuf devint aussi le symbole de la résurrection du Christ.

Pendant des siècles, l’œuf fut au nombre des aliments qu’il était interdit de consommer pendant le carême. Quel régal de pouvoir enfin manger des œufs une fois Pâques arrivé! Dans les pays slaves, il est de coutume de faire bénir le Samedi saint, ou encore à la messe de minuit de Pâques, des paniers remplis d’aliments, dont des œufs, qui constitueront le menu du petit déjeuner de Pâques.

Les œufs décorés font aussi partie des traditions de l’Europe centrale. Ainsi, les Polonais, les Ukrainiens et les Yougoslaves dessinent sur les œufs des motifs traditionnels très élaborés et d’une grande beauté qu’on appelle ” pysanky “. Le motif est d’abord dessiné à l’aide d’un crayon de cire ou d’un stylet, puis l’œuf est plongé dans un bain de teinture. Le procédé est répété de nombreuses fois pour faire de chaque œuf un véritable chef-d’œuvre. Chaque point, chaque ligne du motif a sa propre signification. Les œufs de Pâques yougoslaves portent les initiales ” XV ” qui signifient ” le Christ est ressuscité “, une salutation pascale traditionnelle.

En Russie, sous le règne des tsars, Pâques était célébré de façon encore plus élaborée et plus fastueuse que Noël. Pour l’occasion, on fabriquait et on offrait des pains et d’autres mets, de même que d’énormes quantités d’œufs décorés. Au début des années 1880, et ce, jusqu’en 1917, la famille royale de Russie allait porter cette coutume à des sommets inégalés en commandant au célèbre joaillier Carl Fabergé des œufs délicatement ouvragés, véritables bijoux d’une richesse incomparable.

En Allemagne et dans d’autres pays d’Europe centrale, on prend soin de ne pas casser les œufs utilisés dans les spécialités pascales mais plutôt de les vider. Les coquilles vides sont ensuite peintes et décorées de bouts de dentelle, de tissu et de ruban puis suspendues par des rubans aux branches d’un conifère ou d’un petit arbre dénudé. Dans les villages de Moravie, la coutume veut que le troisième dimanche avant Pâques, les filles du village transportent de maison en maison un arbre décoré de coquilles d’œufs et de fleurs pour apporter la chance. L’arbre décoré de coquilles d’œuf est l’une des nombreuses traditions pascales que les immigrants allemands apportèrent avec eux au Canada. Ce sont aussi à eux que nous devons le personnage du lapin de Pâques qui apporte les œufs colorés aux enfants sages.

Pâques est une fête particulièrement joyeuse pour les enfants et plusieurs traditions pascales leurs sont destinées. La chasse aux œufs de Pâques cachés dans la maison ou dans le jardin est une coutume universelle, tout comme les courses d’œufs.